Combien de glucides par heure sur un ultra ?

Entre 60 et 90 g/h au-delà de trois heures d'effort, à condition d'avoir entraîné son intestin. En dessous de 60 g/h, le déficit se creuse heure après heure ; au-delà de 90 g/h, il faut un mélange glucose-fructose pour espérer absorber sans troubles digestifs.

L'organisme oxyde le glucose à un rythme plafonné par le transporteur intestinal SGLT1, autour de 60 g/h. Ajouter du fructose, qui emprunte un transporteur différent (GLUT5), permet de dépasser ce plafond : c'est pourquoi les produits vendus au-delà de 60 g/h affichent un ratio glucose:fructose, généralement 2:1 ou 1:0,8. Sans ce mélange, le sucre excédentaire reste dans l'intestin, y appelle de l'eau, et provoque exactement les troubles qu'on cherchait à éviter.

L'erreur la plus fréquente n'est pas de viser trop haut : c'est de raisonner en kilomètres. Un traileur qui prévoit « un gel tous les 5 km » consomme deux fois moins par heure en montée qu'en descente, au moment précis où l'effort est le plus coûteux. La cible se compte en grammes par heure, et l'heure ne dépend pas de la distance mais de ton allure réelle sur le terrain.

Sur une course réelle : Mont-Blanc — UTMB®

Sur Mont-Blanc — UTMB®, un coureur d'indice UTMB® 600 est projeté à 37h10. À 60 g/h, cela représente 2 230 g de glucides sur la course — l'équivalent d'une cinquantaine de gels. Le même parcours demande nettement moins à un coureur plus rapide : c'est la durée qui commande, jamais les kilomètres.

Besoins calculés sur Mont-Blanc — UTMB® selon la cote UTMB
Cote UTMB®Temps estiméGlucidesLiquideSodium
50043h012 581 g30,1 L21 508 mg
60037h102 230 g26 L18 583 mg
80024h361 476 g17,2 L12 300 mg

Temps repris des passages réels des coureurs de chaque tranche de cote sur les éditions précédentes, arrêts aux ravitaillements compris. Besoins calculés à 60 g/h de glucides, 700 mL/h de liquide et 500 mg/h de sodium, par temps tempéré.

Concrètement : établis ta cible horaire, multiplie-la par ton temps estimé, puis répartis le total entre les tronçons — pas uniformément, mais selon la durée de chacun. Un tronçon de trois heures en demande trois fois plus qu'un tronçon d'une heure, même s'ils font le même kilométrage. Et travaille la tolérance à l'entraînement : 90 g/h ne s'improvise pas le jour de la course.

RAVIT applique ce calcul à 2 778 courses dans 49 pays, avec 6 547 postes de ravitaillement dont le contenu est relevé au règlement officiel.

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