Et s'il fait chaud le jour de la course ?
Au-delà de 25 °C, les besoins en liquide montent à 800–1 000 mL/h et le sodium devient limitant avant les glucides. C'est le seul paramètre du plan qu'il faut réviser à la hausse dans les jours précédant la course, quand la météo se précise.
La sudation augmente pour évacuer la chaleur, et elle emporte du sodium — entre 300 et 1 500 mg par litre selon les individus, un écart considérable qui explique pourquoi deux coureurs du même niveau ne réagissent pas pareil. Compenser le volume sans compenser le sel dilue le sodium sanguin : c'est le mécanisme de l'hyponatrémie, dont le risque devient réel au-delà d'un litre par heure sans apport sodé, surtout sur les formats de plus de douze heures.
Deuxième effet, moins connu : la chaleur ralentit la vidange gastrique. Les produits gras et fibreux, déjà lents à digérer, passent alors très mal. C'est le moment de simplifier — liquide et sucres simples — plutôt que d'introduire des aliments solides riches, même s'ils passaient bien à l'entraînement par temps frais.
Sur une course réelle : Mont-Blanc — UTMB®
Sur Mont-Blanc — UTMB®, un coureur d'indice 600 est projeté à 37h10 et boit 26 L par temps tempéré. Au-dessus de 25 °C, avec 900 mL/h au lieu de 700, le même coureur passerait à près de 30 litres — et son besoin en sodium augmenterait dans la même proportion. Ce n'est pas un ajustement marginal : c'est un plan différent.
| Cote UTMB® | Temps estimé | Glucides | Liquide | Sodium |
|---|---|---|---|---|
| 500 | 43h01 | 2 581 g | 30,1 L | 21 508 mg |
| 600 | 37h10 | 2 230 g | 26 L | 18 583 mg |
| 800 | 24h36 | 1 476 g | 17,2 L | 12 300 mg |
Temps repris des passages réels des coureurs de chaque tranche de cote sur les éditions précédentes, arrêts aux ravitaillements compris. Besoins calculés à 60 g/h de glucides, 700 mL/h de liquide et 500 mg/h de sodium, par temps tempéré.
Concrètement : surveille la météo à partir de J-5, révise les cibles liquide et sodium plutôt que les glucides, et vérifie que les points de ravitaillement permettent de porter ce volume. Sur les tronçons longs, il faut parfois deux flasques supplémentaires — ce qui change le sac, donc le poids, donc l'allure. Le plan se recalcule en entier.
RAVIT applique ce calcul à 2 778 courses dans 49 pays, avec 6 547 postes de ravitaillement dont le contenu est relevé au règlement officiel.
Les autres questions
- Combien de glucides par heure sur un ultra ?
- Que vais-je trouver au ravitaillement ?
- Combien de temps vais-je mettre ?
- Que mettre dans le sac d'assistance ?
- Comment éviter les nausées en fin de course ?
- Comment savoir si je vais passer les barrières horaires ?
- Où et quand mon assistance doit-elle m'attendre ?