Combien de temps vais-je mettre ?

À partir de ton indice UTMB®, la durée de chaque tronçon est reprise des passages réellement enregistrés par les coureurs de ta tranche de cote sur les éditions précédentes. Quand la course n'a pas d'historique, un modèle appris sur 45 autres prend le relais. La loi de Riegel ne sert qu'en dernier recours, si aucun résultat n'existe.

Le calcul se fait à trois niveaux, et le plus proche du réel l'emporte. Sur 240 épreuves, les résultats sont assez nombreux pour que chaque tronçon reçoive la durée qu'y ont vraiment mise les coureurs de ta tranche, édition après édition — la course est appariée par site et par distance à 4 % près, jamais par son nom, que les organisateurs changent d'une année sur l'autre. Ailleurs, un modèle appris sur 45 courses prédit la forme de la tienne à partir de toutes les autres : distance, D+, D−, altitude, heure de départ, part de course déjà faite, nuits entamées.

La loi de Riegel, elle, est le filet de sécurité. Elle élève le rapport des distances à une puissance légèrement supérieure à 1 pour traduire le ralentissement, avec un exposant qui tourne autour de 1,06 sur route. Appliquée telle quelle au trail elle se trompe — dix kilomètres de plat et dix kilomètres à 800 mètres de dénivelé ne sont pas le même effort — alors son exposant est ajusté sur le dénivelé puis recalé course par course. C'est ce qui répond quand aucun résultat n'existe, et seulement là : partout ailleurs, on ne modélise plus une allure, on recopie celle qui a été courue. Vérification faite sur une édition jamais vue par le modèle, les percentiles prédits tombent à moins de 2,5 % des percentiles réels. L'arrêt au ravitaillement est modélisé à part du mouvement : 1 667 arrêts mesurés à 103 postes sur 26 courses.

Sur une course réelle : Mont-Blanc — UTMB®

Sur Mont-Blanc — UTMB®, l'écart entre les niveaux est considérable : un indice 500 est projeté bien au-delà de 37h10, un indice 800 nettement en deçà. Le tableau ci-dessous montre la progression réelle — et pourquoi une estimation « au ressenti » se trompe presque toujours dans le même sens, l'optimisme.

Besoins calculés sur Mont-Blanc — UTMB® selon la cote UTMB
Cote UTMB®Temps estiméGlucidesLiquideSodium
50043h012 581 g30,1 L21 508 mg
60037h102 230 g26 L18 583 mg
80024h361 476 g17,2 L12 300 mg

Temps repris des passages réels des coureurs de chaque tranche de cote sur les éditions précédentes, arrêts aux ravitaillements compris. Besoins calculés à 60 g/h de glucides, 700 mL/h de liquide et 500 mg/h de sodium, par temps tempéré.

Sers-toi de cette projection pour deux choses. D'abord vérifier que la barrière horaire est atteignable à ton niveau : c'est une information qu'aucun organisateur ne fournit directement. Ensuite dimensionner ta nutrition, puisque tout se compte à l'heure. Un écart de projection de trois heures, c'est près de 200 grammes de glucides de différence.

RAVIT applique ce calcul à 2 778 courses dans 49 pays, avec 6 547 postes de ravitaillement dont le contenu est relevé au règlement officiel.

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